La longue épopée du radis

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La longue épopée du radis

La longue épopée du radis

Probablement consommé depuis le Néolithique, le radis nous viendrait d’Asie Mineure où on le trouvait à l’état sauvage, et serait arrivé en Europe en passant par les pays méditerranéens. On retrouve sa première trace comme ingrédient d’une recette de carpe crue, dans un écrit chinois remontant au XIe siècle avant J.-C. Les différents peuples qui le cultivaient l’appréciaient pour ses qualités nutritionnelles autant que pour ses propriétés médicinales.

Le radis déjà au menu des Babyloniens et des Égyptiens

Connu en Égypte avant la construction des pyramides, il y a plus de 4.600 ans, où il était certainement aussi cultivé pour ses graines, qui produisent une huile comestible de qualité, ce légume apparaît sur des hiéroglyphes datant de 2.700 ans avant notre ère et on le trouve également représenté dans la nécropole de Kaoum ainsi que dans le temple de Karnak. Et, si l’on se fie à Hérodote, le menu des bâtisseurs de la pyramide de Khéops se composait principalement d’oignons, de poireaux et de radis.

Durant l’Antiquité, le radis était réputé efficace pour calmer la toux et arrêter les hémorragies, et les Grecs les présentaient régulièrement en offrande aux Dieux, et plus spécialement à Apollon, dans des assiettes en or, et accompagnés de navets et de betteraves qui eux, n’avaient droit respectivement qu’à l’argent et au plomb !

Il est également cultivé de longue date en Asie du Sud et en Extrême-Orient : aux environs de l’an 300 de notre ère, un texte en sanscrit le déclare comme une offrande appropriée pour Ganesh, l’Éléphant-Dieu des Hindous. On trouve en Inde, au Bangladesh, au Cambodge, au Népal, en Chine, et bien d’autres contrées, des statues des VI-XIe siècles, qui le représentent tenant un radis noir dans sa main droite lorsqu’il a deux bras ou dans la main de son bras arrière droit lorsqu’il en a quatre : dans ces civilisations, le radis pourrait être un attribut associée au lingam (objet d’apparence phallique représentant l’énergie masculine).

Le radis à l’assaut des grands empires européens

Plus proches de nous, il y a d’abord eu les Romains qui en connaissaient en effet, de nombreuses variétés dont ils exportèrent la culture à travers leur empire. Le radis «Raphanus sativus» tire d’ailleurs son nom commun de « radix », soit racine en latin. Puis, vint Charlemagne, qui dans ses Capitulaires, recommanda aux régisseurs de ses terres, la culture de cette « excellente racine ».

Au Moyen Âge, on se régalait déjà communément de radis à la croque au sel, même s’il s’agissait de radis noirs. Incongru : au XIIIe siècle, saint Albert le Grand, naturaliste et alchimiste, déclarait que le mélange de jus de radis, de blanc d’œuf et de graines de psyllium pulvérisées rendait insensible au feu et permettait de saisir à mains nues du fer chauffé à rouge… Une expérience à ne certainement pas tenter à la maison !

Au temps de la Renaissance, c’était le légume racine le plus commun dans le Nord de l’Europe et en Angleterre, auquel on prêtait de nombreuses propriétés médicinales comme lutter contre la nervosité, améliorer la digestion, fortifier les dents, les ongles et les cheveux. Mais en France, si le radis noir a fait son apparition au XVIe siècle, il ne commença à être consommé que deux siècles plus tard.

Les radis d’antan étaient assez éloignés de ceux d’aujourd’hui

En effet, ceux que l’on mangeait couramment étaient généralement blancs ou noirs, plus gros et de forme allongée mais, au fil du temps, les croisements et sélections ont permis d’obtenir au XVIIIe siècle, le délicieux radis rouge et rond que nous apprécions tant aujourd’hui. Cependant, de nombreuses variétés de radis sont peu à peu oubliées, comme  l’« Ovale blanc de Munich » et le «Jaune d’or ovale» à racines blanches en forme de toupie, voire ont complètement disparues, spécialement parmi les espèces fourragères que l’on donnait à pâturer au bétail. Alors, n’hésitez pas à visiter votre grainothèque préférée pour dénicher des espèces de radis plus anciennes et rehausser vos petits et grands plats de nouvelles couleurs et de nouvelles saveurs.

Article rédigé par Consoglobe pour Perle du Nord.

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